Chaque jour est une aube

 

J’ai écrit ces lignes depuis quelque temps déjà, alors que je portais un regard sur ce qui m’avait poussée en avant au fil du temps. Pour moi, cette avancée commence à l’aube de chaque jour que la vie me donne.

 

À mes yeux, l’aube est un jour qui se lève, un lendemain, une lueur qui apparaît doucement après la nuit. Magie du temps qui s’éveille, magie de la vie qui semble renaître des profondeurs de la terre.

 

Pourtant, tout est là comme hier, la nuit n’a rien effacé. Tel un cours d’eau, elle a poursuivi sa course. Mes yeux endormis n’ont rien vu, rien entendu de ce travail. De ces heures de repos, il me reste parfois le souvenir furtif d’un rêve, voire même d’un cauchemar qui finit par s’estomper peu à peu. Mais à l’aube de chaque jour, quelque part au tréfonds de moi, un soleil se lève  et me fait espérer que cet aujourd’hui sera différent d’hier, peut-être moins  pire et sûrement meilleur.

 

Est-ce un  murmure, un souffle, une chaleur, une espérance qui s’anime, ou bien encore un pressentiment, une certitude, une évidence?

 

Que me dit mon cœur pour cet aujourd’hui à construire? Quel sera ce petit quelque chose qui me donnera la sensation  d’avoir progressé un peu plus dans la joie d’exister? Comme tous et chacun, j’embarque bien souvent et bien vite dans l’automatisme du quotidien et je m’oublie bien souvent encore dans cette routine. Je sais malgré tout que je peux revenir à ce lieu en moi où je peux avancer un peu plus dans la conscience de qui je suis, me sentir mieux et réaliser davantage ce qui me tient à cœur

 

Il nous arrive à tous, à un moment donné de notre existence, de nous poser des questions dites existentialistes, qui nous font nous arrêter sur le sens de notre vie, son pourquoi, son comment, etc. Ce temps de remise en cause, de questionnement, peut nous amener à prendre différents moyens pour voir plus clair.

 

Je crois que cette présence à soi ne peut grandir que si l’on prend le temps d’écouter le mouvement de la vie à l’intérieur, au-dedans de soi, pour aller retrouver cet  endroit secret, unique, qui porte en lui ce que nous sommes. Il ne faut pas avoir peur de débroussailler, d’enlever les mauvaises herbes, parfois bien enracinées et difficiles à arracher, tant leurs racines sont profondes et bien incrustées. Parfois on les croit parties, puis elles repoussent, preuve que le travail est à continuer.  Pendant ce temps, la beauté de ce que nous sommes a pu prendre un peu plus de place, et il en sera ainsi à chaque débroussaillage.

 

L’aube revient toujours, inlassablement, pour nous entraîner vers demain.  Alors, bonne route!

 

Joëlle Perrier

Novembre 2013